11.03.2008

Darjeeling et pas Earl Grey, s'il vous plait...

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Grâce à la présence d’esprit de Géraldine, j’ai pu assister hier soir à une avant-première de Darjeeling Limited, le dernier opus de Wes Anderson, en présence du réalisateur.
J’ai une affection particulière pour ce jeune cinéaste américain qui tient une place à part dans le cinéma indépendant américain où il est taxé de virtuose depuis ses débuts avec Bottle Rocket et Rushmore.  Son univers original et décalé, très écrit, aux personnages marqués par des familles dysfonctionnelles où les parents trop imposants ne laissent pas aux enfants la place de s'épanouir et de grandir le tout dans une atmosphère burlesque et pleine de fantaisie a continué de s'affimer avec la famille Tennenbaum et la Vie Aquatique.  Si j'ai été sensible au fil des films à son univers tragi-comique avec des personnages atteints de folie douce mais en même temps tout en retenue, j'ai eu aussi à chaque fois un peu l'impression de rester au bord de quelque chose sans pouvoir totalement s'abandonner, de rester un peu sur ma faim.  Aussi, j'attendais avec beaucoup d'impatience de me replonger dans l'univers d'Anderson.

Dans une Inde d'images d'Epinal aux couleurs propres et chatoyante, 3 frères aux gueules cassées et aux sentiments à fleur de peau promènent leur dégaine dégingandée et pince sans rire en trainant derrère eux les bagages Vuitton (délirants) de leur père décédé comme autant d'urnes funéraires dont ils ne pourraient se défaire.  A la poursuite d'une mère absente et énigmatique, ils vont suivre une quête spirituelle de carte postale pour mieux se trouver et ...s'aimer. Comme d'habitude chez Anderson, l'humour et l'absurde sont au rendez-vous à chaque recoin et tournant (des pieds nus de Jack, aux pansements délirants de Francis en passant par les abus débridés de la pharmacopée indienne), et si ces adolescents attardés, qui n'arrivent pas à s'affranchir de ces parents trop charismatiques et mystérieux, ont le regard un peu triste et nostalgique, c'est avec beaucoup de tendresse et de poésie qu'Anderson nous fait suivre leur périple.

Au casting, des habitués de l'univers décalé du réalisateur (Owen Wilson, Jason Schwartzman, Anjelica Huston, Bill Murray) cotoient des petits nouveaux (Adrian Brody) pour former un ensemble harmonieux de personnages gauches et élégants à la fois. La bande son est parfaite, pas de musique originale mais des reprises des musiques des films de Satyajit Ray, The Kinks et même Jo Dassin.

Pour moi, la magie a opéré et c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai suivi les (més)aventures des frères Whitman, le sourire aux lèvres et les yeux pleins de couleurs et de lumière.

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La séance était suivie d'un entretien avec le réalisateur sensé être mené par Arnaud Depleschin.  Après être resté un peu dérouté  par le monologue verbeux et intello de Depleschin plus occupé par ses propres considérations sur l'Art que de dialoguer, Anderson s'est avéré à l'image de ses films charmant, lunaire et plein de cet humour un peu pince sans rire, son physique long et un peu gauche le fait d'emblée apparaitre comme un des frères Whitman jusque dans ses vêtements avec son pantalon un peu court.  A peine quelques questions (plus d'un an pour obtenir le train personnage à part entière du film, sa fascination pour l'Inde nourrie initialement par sa culture cinématographique puis par ses repérages, les bagages Vuitton customisés et faits sur mesure et gracieusement offerts par la maison (Géraldine a l'oeil!!), l'écriture à 3 mains du scénario qui a nourri l'histoire des 3 frères) et cette belle soirée est déjà finie

A refaire très certainement, et ce d'autant que la salle du Cinéma des Cinéastes où avait lieu la projection était superbe et confortable.

Darjeeling Limited

Sortie nationale le 19 mars (non non je ne me la joue pas du tout sur ce coup là...)