20.06.2008
20 minutes avant la fin...
Cela fait partie de ces envies, de ces bonnes résolutions qui peuvent aisément devenir des rendez-vous manqués.
J’étais attirée par le concept : un artiste qui adapte son œuvre en fonction du lieu. Qu’il investisse, réinvente la galerie du Grand-Palais me semblait bien valoir la ballade. Je ne suis pas connaisseuse d’art contemporain, je n’ai pas de discours d’érudite mais je suis curieuse et j’aime me laisser ouverte aux émotions et aux sensations, alors j’essaie de ne pas avoir d’à priori et de tenter l’aventure.
Seulement là je n’ai pas su trouver les bons mots, convaincre, me faire accompagner.
J’ai donc attendu jusqu’au dernier soir pour me décider à ne pas rater ce rendez-vous. Prise par l’urgence du dernier moment, je me suis arrachée du chant des sirènes, du rire des amis, des vertiges des caï bien dosées et j’ai traversé Paris dans le soir qui tombait.
Pas de regret, le moment a été magique : l’air tiède, les portes grandes ouvertes, les gardiens nonchalants qui regardaient d’un air bienveillant les chalands.
J’ai aimé ces monolithes de métal, la sérénité et l’espace magnifié. C’était mystérieux et apaisant. Les badauds se promenaient lentement de l’un à l’autre, certains caressants amoureusement le métal poli.
Le contraste entre la verrière ouvragée et l’ascèse un peu brutes des blocs m’a plu et inspiré
Je serai bien restée pour rêver plus longtemps mais parfois les histoires les plus belles sont aussi les plus courtes…
Petite déclaration à M. Serra
00:20 Publié dans blablabla , clic clac , cultivons cultivons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.05.2008
D'une rive à l'autre
Quand j’ai démarré cet espace, je m’étais dit que je n’y parlerai pas de cinéma. Non pas parce que je boude les plaisirs du 7ème art mais plutôt parce que je me suis toujours perçue plus comme une cinéphage qu’une cinéphile. Et si ma voracité et mon éclectisme vis-à-vis du grand écran m’ont permis de consommer de l’objet cinéphilique, je ne me suis jamais senti ni la légitimité ni la plume pour en parler avec justesse…
Mais comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, j’ai décidé de surmonter mes réticences (et ma fausse pudeur) pour partager la bouffée d’émotions que j’ai reçu en pleine face et en plein cœur hier soir. Certes, il ne s’agit pas d’une nouvelle de première fraicheur (le dit film est sorti depuis bien des semaines et n’est plus visible que dans des salles d’art et d’essai) mais après tout qu’importe, il n’est jamais trop tard pour dire acclamer ce que l’on aime…
De l’autre côté parle de la Turquie et de l’Allemagne, des relations parent-enfant, de la dureté et de l’absurdité de la vie, de l’amour, de la mort et pour moi surtout de pardon.
C’est l’histoire d’un père, de deux mères et de leurs enfants ; ce sont des destins qui se croisent, se frôlent sans le savoir. On attend, on espère la coïncidence divine, le hasard précipité par un deus ex machina qui précipitera l’intrigue mais ici pas de hasard hollywoodien, c’est la vie et ses aléas qui provoquent des rencontres,… ou pas. Les histoires s’emmêlent, convergeant vers la Turquie pays symbolique à la croisée des chemins à cheval entre l’Europe et le Moyen Orient, cherchant sa place et son destin. Elles nous emmènent pas à pas vers l’apprentissage du pardon et de la réconciliation. De ce pardon qui permet de continuer à vivre, de surmonter les épreuves et l’inacceptable, d’avancer, de survivre et de trouver la paix. Je suis sortie bouleversée, étreinte par l’émotion mais également sereine.
La distribution est superbe et tous les acteurs sensibles et d’une totale justesse. La lumière forte de la Turquie et la beauté des images parachèvent cette aventure à laquelle je ne saurais que trop vous conseiller de vous abandonner.
Pour avoir en plus à la sortie juste envie d’étreindre ceux que vous aimer, d’effacer les brouilles inutiles que vous avez laissées trainer…
11:17 Publié dans cultivons cultivons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.02.2008
Paris multicolore...
Courrez-y (à dire vrai j’y suis déjà allée 2 fois moi-même)
Énorme, énorme coup de cœur pour cette exposition organisée par la Mairie de Paris qui vous accueille jusqu’au 31 mars 2008….
Saviez-vous que les techniques de photographie couleur existaient depuis le début du siècle dernier ?...
Moi non plus…
Du fait de leur complexité d’utilisation et de développement, elles sont restées longtemps réservées à une poignée confidentielle de photographes qui néanmoins ont réalisé dès la première guerre mondiale des témoignages colorés d’un Paris inconnu avant qu’Agfa et Kodak en développant les films souples et en améliorant les techniques de développement ne permettent d’en élargir l’utilisation.
Cette magnifique exposition regroupe une collection exceptionnelle de clichés s’étalant sur tout le siècle dernier offrant un témoignage bouleversant d’un Paris aujourd’hui disparu.

Promenade magique et un peu enchantée, le temps de pause prolongé des Kodachromes du début du siècle ayant transformé les passants pressés en figures fantomatiques au milieu de ces décors inédits.
Très émouvants également une sélection de clichés de la 2ème guerre mondiale de Paris occupé puis libéré, nous révélant des parisiennes gracieuses et coquettes malgré l’adversité.

Dans l’après-guerre ce sont les clichés d’Ernst Haas, de Doisneau (au regard ironique sur les barricades de 68) et de Saul Leitner qui nous renvoient à des années 50 et 60 colorées et affairées proche d’un décor de Tati, mais sans la naïveté. Mention spéciale pour Peter Cornélius, photographe oublié et redécouvert à l’occasion de cette expo, dont la collaboration avec Prévert est à l’origine d’une vision sensible et atypique de la capitale et de ses habitants.

La dernière période (des années 60 à nos jours) est beaucoup plus quelconque car, largement consacré aux séries de mode prenant Paris comme écrin, elle ne bouleverse pas notre vision de la ville. Rien de neuf là sur la pellicule…
Que dire de plus : la scénographie est particulièrement réussie mettant en valeur les clichés, c’est gratuit et le goutte à goutte imposé à l’entrée permet de déguster les œuvres sans être submergé par la foule.
Paris en couleurs
Hotel de Ville de Paris
Du lundi au samedi de 10h à 19h
Entrée gratuite (mais n’oubliez pas vos gants et votre ipod : il faudra attendre avant d'entrer)
1) Georges Chevalier
2) Saul Leiter
3) Sem Presser
22:20 Publié dans 75004 , cultivons cultivons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.12.2007
Là aussi, il va falloir vous dépêcher...
Plus que quelques jours pour découvrir Steichen au musée du Jeu de Paume. Ce luxembourgeois devenu américain est la vedette de cette magnifique exposition intitulée à juste titre une épopée photographique.
Les dizaines de clichés présentés témoignent combien cet artiste a été un aventurier de la photographie.
Captivé dés son plus jeune age par ce nouveau médium, il a TOUT fait : du portrait mondain à la photographie aérienne, de la macro à la photo urbaine, précurseur de la photographie de mode, des nus, de la propagande militaire, des fleurs, des publicités… Tout, tout, tout vous dis-je…
Fondateur avec Stieglietz de la galerie 921 (avant qu'une brouile fatale ne les sépare) lieu capital d’essor de l’art moderne aux Etats-Unis au début du siècle dernier, botaniste émérite, conservateur du MOMA, il a vécu une vie tumultueuse partagé entre la France et le nouveau continent.
Véritable électron libre, ce touche-à-tout de génie a abordé son art avec une largeur d’esprit étonnante s’amusant à en explorer les multiples frontières, pouvant donner parfois l’impression d’une absence de fil conducteur. Mais la profusion et la diversité de son
œuvre offre un panorama impressionnant de la photographie du XXème siècle. Moi j’ai un petit faible pour les portraits pleins de contraste et de profondeur, et ces clichés presque fantomatiques du début du siècle.
Quoiqu’il en soit n’hésitez pas à plonger dans ce bain d’énergie et de curiosité, pendant les quelques semaines que durera encore cette exposition.

...
Et s’il vous faut un argument de plus pour vous convaincre, en sortant vous faites 3 pas et vous pourrez déguster cela :
Et oui Ladurée, c’est à côté et son chocolat chaud est bien réconfortant par ces moroses après-midi d’hiver.
Steichen – Une épopée photographique
Musée du Jeu de Paume
1 place de la Concorde
75008 Paris
Jusqu’au 30 Décembre 2007
Tous les jours sauf le lundi (tous les détails là)
14:50 Publié dans cultivons cultivons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.12.2007
Tic tac… Il vous reste 35 jours !!!
Je comptais vous parler de Steichen, mais il attendra un peu devant ce gros coup de cœur pour cette photographe de talent qui a quitté la France en 1968 pour s’installer aux Etats-Unis et s‘est passionnée pour Harlem auquel cette exposition rend un vibrant hommage.
Sur ces clichès aux noirs et blancs contrastés et profonds, 1000 et 1 rencontres avec autant de regards fiers, parfois amusés, parfois défiants : tous ces enfants à la maturité précoce, ces vieillards aux mains marquées par l’âpreté de la vie et aux mises élégantes, ces danseurs de rue capturés en plein mouvement. On sent que l’auteur s’est imprégnée de l’atmosphère du lieu et de ses habitants, de l’essence même de leurs vies avec un regard plein de tendresse et de bienveillance.

Pour en voir plus, le très beau site de la photographe.
Martine Barrat, jusqu'au 6 javnier 2008
5-7 rue de Foucry
75004 Paris
du mercredi au dimanche de 11h à 20h
17:36 Publié dans 75004 , cultivons cultivons | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Martine Barrat, photographie, Harlem
31.10.2007
uhmm PS
20:14 Publié dans 75003 , cultivons cultivons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.10.2007
Que voulez-vous mes amis ont du talent!!!
Nouvel évènement Cooolturel en vue. Et oui, je ne rechigne pas à partager mes bons plans moua, madame!!!
Alors pour tous ceux (pôôvres de vous) qui ne connaissez pas encore Philippe Amirault, voilà enfin l'occasion de remedier à cette facheuse lacune...
Ce peintre au talent fou et à la puissance picturale incontestable expose pendant une semaine dans le Marais. Moi je préfère laisser parler ses oeuvres parce que je ne serais pas assez éloquente pour dire combien il m'a souvent touché. Pour ceux qui diront 'mais ça m'a l'air sombre tout cela', je dirai il faut le voir pour se laisser emporter par ses clairs-obscurs et ses toiles où paraissent couchés des sentiments et des sensations que l'on a déjà eu.
C'est aussi l'occasion de découvrir Barbara Lezmy son 'partner in crime' artistique et ses mystérieux portraits.
Pour un avant-goût de ces deux artistes superbes, c'est là
Sinon pendant une semaine cela se passera là avec en prime des performances de danse le 1 et 4 novembre:
09:55 Publié dans blablabla , cultivons cultivons | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Philippe Amirault, peinture, exposition
22.10.2007
Fragonard, ou arnaque au Jacquemart ?
Je ne suis pas particulièrement friande de peinture du 18ème siècle mais je dois avouer un petit faible pour Fragonard. Je suis depuis longtemps sensible à son trait nerveux et sensuel, à la légèreté de sa peinture dans la forme et parfois dans le fond.
Le verrou m’a longtemps fascinée. Illustrant la couverture de ma copie des Liaisons Dangereuses, ce tableau continue de m’intriguer par sa grâce et ses questions sans réponse : sont-ce des amants sur le point d’être surpris ? Se cachent-ils ? Est-elle abandonnée et consentante ? Serait-il sur le point de la forcer ? Pour moi le mystère reste entier… 
Sa liseuse a inspiré mon enfance passionnée de lecture.
Voilà donc quelques unes des raisons pour lesquelles mon attention s’est éveillée lorsque j’ai vu l’alléchant affiche du musée André Jacquemart. Je me suis précipitée un lundi soir (trop chic la nocturne du début de semaine pour briller en société !!!).
Et puis voilà…
Certes ce n’est pas la première expo que je vais voir dans ce musée mais cette fois ci l’impression de « trop peu » a vraiment dominé mon sentiment général. Je savais déjà que l’espace réservé aux expos temporaires était relativement exigu mais peut-être que fascinée par la découverte de cet incroyable hôtel particulier je ne m’étais pas sentie aussi frustrée les fois précédentes…
L’espace réservé à Fragonard se résume à quelques salles où l’on retrouve l’esprit leste des œuvres aussi bien dans leurs traits que dans leur contenu. 3 séries de dessin (illustrant Don Quichotte, un roman coquin et une thématique antique) laissent deviner que la bande dessinée n’était déjà pas très loin. Les portraits d’hommes célèbres de la dernière salle sont superbes. Mais voilà en 2 temps 3 mouvements le tour est déjà fait…
Alors à recommander ?
Oui si vous êtes fan absolu du grand maître.
Oui encore si vous ne connaissez pas encore le musée André Jacquemart qui préserve de façon magnifique l’intérieur d’un couple de mécènes richissimes qui se sont accordés cette ‘modeste’ demeure pour en faire l’écrin de leur passion (y a pas à dire, ils savaient vivre !!), c’est une belle occasion de combiner les 2 visites (le billet comprend les 2)
Sinon soyez prévenus pour ne pas ressortir déçu.
Fragonard
Jusqu’au 13 janvier 2008
Musée André-Jacquemart
158, bd Haussmann
75008 Paris
16:15 Publié dans 75008 , cultivons cultivons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.10.2007
Avec une aspirine, SVP...
Dimanche matin, après un peu de réflexion, je me suis dit que l’univers torturé de Chaïm Soutine serait plus adapté que Fragonard à mon état discrètement nauséeux (suite à l’abondante consommation de substances licites pour oublier le drame de samedi soir !!!). En avant donc pour la pinacothèque que j’avais raté cet été (mais n’étant pas vraiment fan de Lichtenstein, sans grand regret).
Pas un chat (je ne devais pas être la seule à avoir eu du mal à digérer la défaite) et donc la liberté d’une balade au sein de l’univers de cet artiste du début de siècle (dernier évidemment) qui jusqu’au bout a cultivé le mystère et la contradiction. De Soutine je ne connaissais qu’un ou deux portraits déformés et une carcasse de bœuf vue à Orsay si mes souvenirs sont bons.
L’avantage des monographies, c’est de pouvoir retrouver à la fois la cohérence et l’évolution d’un peintre dans toute sa richesse. Et je dois avouer avoir aimé cette plongée dans le monde énigmatique de Soutine
Il y avait les blancs de John Singer Sargent, le bleu de Klein évidemment. De Soutine, je retiendrai les rouges, ces rouges sanglants vifs presque choquants qui frappent de leur présence ses portraits et ses paysages, bien plus que ses bœufs écorchés (thème de prédilection à la fin de sa vie, on se croirait sur l’A13 fin de semaine dernière). Ils sont autant de taches provocantes presque obscènes qui attirent irrésistiblement le regard.
Il y aussi ces paysages hallucinés, comme déformés par un prisme, mélange de taches qui prennent forme et sens lorsque l’on s’en éloigne et ces portraits grotesques (entre Van Gogh et Bacon mais si empreints d’humanité). Est-ce vraiment du théâtre ou seulement du tourment ?
Alors faut-il aller voir Soutine (même sans gueule de bois) ? A mon sens oui parce que ce n’est ni joli ni reposant, mais sans conteste très puissant, et pour toutes ces contradictions dont les clés ont été emportées par ce peintre tortueux qui aimait garder ses secrets.
A la Pinacothèque
(28 place de la Madeleine – 75008)
Jusqu’au 27 Janvier 2008
PS : s’il vous faut encore un argument en plus, Ladurée est à 3 minutes à pied ; de quoi se remonter le moral une fois sorti…
PS2: ne vous fiez pas aux vignettes,je n'ai trouvé aucune image transmettant de façon fiable la palette intense de l'artiste, pour voir ces rouges: il faudra vous déplacer!!!
05:20 Publié dans 75008 , cultivons cultivons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.09.2007
C’est la rentrée… à vos scènes, prêts, partez …
Certes, les vacances, pour beaucoup, ne sont déjà plus qu’un lointain souvenir mais pour nous consoler nous voilà en pleine rentrée théâtrale. Après la torpeur estivale, les nouvelles productions sont en train de poindre comme les champignons en automne et moi je suis prise d’une fringale de nouveaux spectacles.
Le théâtre, j’adore mais 1) c’est cher (il faut bien en convenir, voilà un passe-temps peu économique) 2) pas toujours facile de choisir (moi je trouve qu’en matière de scène la critique est moins accessible et quand on suit le bouche à oreille au sujet d’une pièce on arrive souvent après la bataille 3 jours avant la dernière toutes les places vendues !!!)
Mais actuellement, c’est le moment de faire des folies. En effet, comme à chaque nouvelle production, les théâtres privés parisiens offrent -50% pendant les 15 premiers jours des nouveaux spectacles (moyen de faire salle comble et de lancer la pièce je suppose). Évidemment cela veut dire si vous ne connaissez pas le texte (règle générale dans les théatres privés puisqu’ils offrent le plus souvent des inédits) qu’il vous faudra tenter votre chance le plus souvent sans le filtre des critiques et du ouie-dire sur le seul attrait de la distribution, du metteur en scène ou éventuellement de l’auteur. Mais n’est-il pas bon parfois d’être précurseur et de profiter d’un spectacle vierge de tout à-priori ? Certes c’est ‘dangereux’ (j’ai ainsi eu quelques déconvenues) mais quand c’est à moitié prix c’est quand même moins douloureux. Mais quand c’est bonne pioche, vous pouvez même frimer dans les dîners (Mais mouaa mon bon ami voilà des mois que je l’ai vu !!!) et là double bénéfice…
Pour pister les bonnes affaires et pour tous ceux qui n’ont pas l’opportunité de se rendre tous les jours aux kiosques de Montparnasse et de la Madeleine (qui je vous rappelle offrent les places du jour à -50%), deux adresses là et là: visitez les régulièrement c'est une mine à bons plans.
Voilà donc ma moisson pour cette semaine (là c’est juste de la frime parce que je ne vais pas habituellement au théâtre de façon bi-hebdomadaire) :
En toute confiance (à la comédie des Champs Elysées 15 avenue Montaigne). Le pitch : un peintre controversé mais de renommée internationale part rendre visite à sa première muse (et premier amour) dont il avait oublié l’influence décisive sur l’éclosion de son talent. Les comédiens étaient très bons. Barbara Schulz était juste et fraiche (j’aime beaucoup cette actrice lumineuse dont la spontanéité et l’enthousiasme juvénile ne semblent jamais forcés). Jean-Pierre Malo était savoureux en anglais bourru et sarcastique, refusant de faire le moindre effort pour mettre à l’aise ses congénères. Jean-Pierre Lorit était plutôt bon dans son rôle d’artiste à qui tout a réussi, un peu hypocrite quant aux mécanismes de son succès et foncièrement égoïste. Belle distribution donc mais j’ai été un peu déçue par la pièce elle-même qui manquait d’envergure. Se cachant derrière une narration déstructurée (on va en arrière, en avant…), elle hésite entre réglements de compte entre amoureux déçus, réflexion entre art, succès et son (inévitable ?) mercantilisme, confrontation entre ethnies et religions… Et à ne pas savoir choisir, le propos perd en force. Quelques scènes réussies laissent entrevoir ce qui aurait pu être mais laissent une sentiment d’inabouti.
En résumé, une agréable soirée avec des acteurs harmonieux mais une partition plutôt faible. Pas de coup de foudre.
Bonne pioche en revanche avec Good Canary (au théatre Comedia 4 boulevard Strasbourg). Sous la direction de John Malkovich, Christiana Réali et Vincent Elbaz se débattent pendant 2 heures pour ne pas être engloutis par la spirale infernale qui les menacent. On plonge cett fois-ci dans le milieu littéraire avec Annie (Réali) exaltée et speedée (dans tous les sens du teme) et Jacques (Elbaz) amoureux et dépassé. Les deux acteurs sont poignants sobres, dans les excès de leurs personnages, servis par une mise en scène élégante et un magnifique décor coulissant qui se modifie autours d’eux. On retrouve même l’humour racé de Malkovich qui arrive à nous arracher des rires malgré l’émotion. Quelques belles trouvailles (dont la très belle scène silencieuse ; je ne vous en dis pas plus pour ne pas la déflorer). Peut-on échapper à son destin ? A vous de le découvrir au terme d’un très beau moment d’émotion.
PS : si vous faites partie de ceux qui n’avaient pas été convaincus par la précédente collaboration de Malkovich et Elbaz (Hysteria), tentez l’aventure ! C’était aussi mon cas et là je suis conquise…
PS2 : petit coup de chapeau : j’ai vu la pièce en matinée et je voulais saluer tout le courage et l’énergie de la troupe qui 55 minutes plus tard va rejouer avec ses tripes pour le plus grand plaisir du public.
09:09 Publié dans cultivons cultivons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note














