02.05.2008

D'une rive à l'autre

Quand j’ai démarré cet espace, je m’étais dit que je n’y parlerai pas de cinéma.  Non pas parce que je boude les plaisirs du 7ème art mais plutôt parce que je me suis toujours perçue plus comme une cinéphage qu’une cinéphile.  Et si ma voracité et mon éclectisme vis-à-vis du grand écran m’ont permis de consommer de l’objet cinéphilique, je ne me suis jamais senti ni la légitimité ni la plume pour en parler avec justesse…
Mais comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, j’ai décidé de surmonter mes réticences (et ma fausse pudeur) pour partager la bouffée d’émotions que j’ai reçu en pleine face et en plein cœur hier soir.  Certes, il ne s’agit pas d’une nouvelle de première fraicheur (le dit film est sorti depuis bien des semaines et n’est plus visible que dans des salles d’art et d’essai) mais après tout qu’importe, il n’est jamais trop tard pour dire acclamer ce que l’on aime…

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 De l’autre côté parle de la Turquie et de l’Allemagne, des relations parent-enfant, de la dureté et de l’absurdité de la vie, de l’amour, de la mort et pour moi surtout de pardon.
C’est l’histoire d’un père, de deux mères et de leurs enfants ; ce sont des destins qui se croisent, se frôlent sans le savoir.  On attend, on espère la coïncidence divine, le hasard précipité par un deus ex machina qui précipitera l’intrigue mais ici pas de hasard hollywoodien, c’est la vie et ses aléas qui provoquent des rencontres,… ou pas.  Les histoires s’emmêlent, convergeant vers la Turquie pays symbolique à la croisée des chemins à cheval entre l’Europe et le Moyen Orient, cherchant sa place et son destin.  Elles nous emmènent pas à pas vers l’apprentissage du pardon et de la réconciliation.  De ce pardon qui permet de continuer à vivre, de surmonter les épreuves et l’inacceptable, d’avancer, de survivre et de trouver la paix.  Je suis sortie bouleversée, étreinte par l’émotion mais également sereine.
La distribution est superbe et tous les acteurs sensibles et d’une totale justesse.  La lumière forte de la Turquie et la beauté des images parachèvent cette aventure à laquelle je ne saurais que trop vous conseiller de vous abandonner. 

Pour avoir en plus à la sortie juste envie d’étreindre ceux que vous aimer, d’effacer les brouilles inutiles que vous avez laissées trainer…

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