22.10.2007
Fragonard, ou arnaque au Jacquemart ?
Je ne suis pas particulièrement friande de peinture du 18ème siècle mais je dois avouer un petit faible pour Fragonard. Je suis depuis longtemps sensible à son trait nerveux et sensuel, à la légèreté de sa peinture dans la forme et parfois dans le fond.
Le verrou m’a longtemps fascinée. Illustrant la couverture de ma copie des Liaisons Dangereuses, ce tableau continue de m’intriguer par sa grâce et ses questions sans réponse : sont-ce des amants sur le point d’être surpris ? Se cachent-ils ? Est-elle abandonnée et consentante ? Serait-il sur le point de la forcer ? Pour moi le mystère reste entier… 
Sa liseuse a inspiré mon enfance passionnée de lecture.
Voilà donc quelques unes des raisons pour lesquelles mon attention s’est éveillée lorsque j’ai vu l’alléchant affiche du musée André Jacquemart. Je me suis précipitée un lundi soir (trop chic la nocturne du début de semaine pour briller en société !!!).
Et puis voilà…
Certes ce n’est pas la première expo que je vais voir dans ce musée mais cette fois ci l’impression de « trop peu » a vraiment dominé mon sentiment général. Je savais déjà que l’espace réservé aux expos temporaires était relativement exigu mais peut-être que fascinée par la découverte de cet incroyable hôtel particulier je ne m’étais pas sentie aussi frustrée les fois précédentes…
L’espace réservé à Fragonard se résume à quelques salles où l’on retrouve l’esprit leste des œuvres aussi bien dans leurs traits que dans leur contenu. 3 séries de dessin (illustrant Don Quichotte, un roman coquin et une thématique antique) laissent deviner que la bande dessinée n’était déjà pas très loin. Les portraits d’hommes célèbres de la dernière salle sont superbes. Mais voilà en 2 temps 3 mouvements le tour est déjà fait…
Alors à recommander ?
Oui si vous êtes fan absolu du grand maître.
Oui encore si vous ne connaissez pas encore le musée André Jacquemart qui préserve de façon magnifique l’intérieur d’un couple de mécènes richissimes qui se sont accordés cette ‘modeste’ demeure pour en faire l’écrin de leur passion (y a pas à dire, ils savaient vivre !!), c’est une belle occasion de combiner les 2 visites (le billet comprend les 2)
Sinon soyez prévenus pour ne pas ressortir déçu.
Fragonard
Jusqu’au 13 janvier 2008
Musée André-Jacquemart
158, bd Haussmann
75008 Paris
16:15 Publié dans 75008, cultivons cultivons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.10.2007
Avec une aspirine, SVP...
Dimanche matin, après un peu de réflexion, je me suis dit que l’univers torturé de Chaïm Soutine serait plus adapté que Fragonard à mon état discrètement nauséeux (suite à l’abondante consommation de substances licites pour oublier le drame de samedi soir !!!). En avant donc pour la pinacothèque que j’avais raté cet été (mais n’étant pas vraiment fan de Lichtenstein, sans grand regret).
Pas un chat (je ne devais pas être la seule à avoir eu du mal à digérer la défaite) et donc la liberté d’une balade au sein de l’univers de cet artiste du début de siècle (dernier évidemment) qui jusqu’au bout a cultivé le mystère et la contradiction. De Soutine je ne connaissais qu’un ou deux portraits déformés et une carcasse de bœuf vue à Orsay si mes souvenirs sont bons.
L’avantage des monographies, c’est de pouvoir retrouver à la fois la cohérence et l’évolution d’un peintre dans toute sa richesse. Et je dois avouer avoir aimé cette plongée dans le monde énigmatique de Soutine
Il y avait les blancs de John Singer Sargent, le bleu de Klein évidemment. De Soutine, je retiendrai les rouges, ces rouges sanglants vifs presque choquants qui frappent de leur présence ses portraits et ses paysages, bien plus que ses bœufs écorchés (thème de prédilection à la fin de sa vie, on se croirait sur l’A13 fin de semaine dernière). Ils sont autant de taches provocantes presque obscènes qui attirent irrésistiblement le regard.
Il y aussi ces paysages hallucinés, comme déformés par un prisme, mélange de taches qui prennent forme et sens lorsque l’on s’en éloigne et ces portraits grotesques (entre Van Gogh et Bacon mais si empreints d’humanité). Est-ce vraiment du théâtre ou seulement du tourment ?
Alors faut-il aller voir Soutine (même sans gueule de bois) ? A mon sens oui parce que ce n’est ni joli ni reposant, mais sans conteste très puissant, et pour toutes ces contradictions dont les clés ont été emportées par ce peintre tortueux qui aimait garder ses secrets.
A la Pinacothèque
(28 place de la Madeleine – 75008)
Jusqu’au 27 Janvier 2008
PS : s’il vous faut encore un argument en plus, Ladurée est à 3 minutes à pied ; de quoi se remonter le moral une fois sorti…
PS2: ne vous fiez pas aux vignettes,je n'ai trouvé aucune image transmettant de façon fiable la palette intense de l'artiste, pour voir ces rouges: il faudra vous déplacer!!!
05:20 Publié dans 75008, cultivons cultivons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




